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26/07/2010 - Bric à Bracadabra ! ( YGAW by Silicon Sentier)

Mappemonde interactive et cloche de verre communicante, radio à remonter le temps et veste paranoïaque, bureau qui matérialise vos pensées et mur qui parle…Tous ces objets fascinants - et fonctionnels ! - sont réunis par Nod-a, dans le Cabinet Des Curiosités.
Cet étrange endroit émerge à une époque où la question de la diffusion et du développement des trouvailles, des bizarreries technologiques, des inventions artistiques se pose. Elle obtient une réponse dans les interactions avec un public qui, au contact du dispositif  de Nod-a, devient alors capable d’en prolonger le processus d’inventivité, d’innovation, de R&D et d’industrialisation…

A la fin de la Renaissance, les cabinets de curiosité ont joué un rôle fondamental dans l’essor de la science moderne. Dans son ouvrage, Modernité du Cabinet des Curiosité, Christine Davenne soutient que : « les pratiques artistiques appartiennent à la réception plutôt qu’à la création et deviennent des rhizomes de légendes. » Autrement dit, le cabinet transforme la vie des objets, non plus envisagés comme des objets scientifiques ou œuvres artistiques finis, mais en devenir.

De l’antre du magicien, de l’incroyable capharnaüm, Marie Noléline Viguié et Stéphanie Bacquère, les deux chercheuses d’or, ont gardé la poésie et l’imaginaire. « Plutôt que de blogger, diffuser via du contenu écrit, entreprendre des démarches commerciales intrusives, on s’est dit que la technologie manquait  de poésie et de mise en scène. Il faut la scénariser pour adresser de la bonne manière les bons publics. »
Elles ramènent de voyages lointains dans les ateliers de chercheurs chevronnés, des créations inédites. Pour ouvrir l’accès et renforcer le processus de transformation, elles ont rendu le dispositif du Cabinet des Curiosité, mobile. « il est modulaire, nomade, il se déplace, il va à la rencontre des publics. »

Au 18ème siècle, dans ces chambres des merveilles, nul besoin d’organiser la connaissance en catégories, la nature et la science se mêlaient à l’art dans une atmosphère intimiste voire secrète pour mieux provoquer la stupéfaction. Alors quand on demande à Marie-Noéline où est-ce qu’elle place les frontière entre une œuvre d’art et une innovation, elle répond : « Pour nous, la question est pas de savoir si c’est une œuvre d’art ou un prototype, c’est quelque chose qu’on essaie de dépasser. La question c’est : comment est ce qu’on transmet et comment est ce qu’on passe le message ? L’arduino est en train de se développer, les fablabs sont une tendance forte, le vêtement est en train de changer, l’utilisateur devient créateur de données… Nous sélectionnons des technologies qu’on pense émancipatrices pour l’individu, que ce soit le consommateur, le citoyen, l’humain, le jeune, le vieux, ensuite arrive la question du moyen pour transmettre le message. Il se trouve que l’œuvre d’art est un très bon médiateur en soi, les résultats des recherches en laboratoire aussi. L’entrepreneur lui, va se saisir d’une nouveauté pour essayer de la développer et de l’intégrer dans une économie, et dans tous les cas, pour nous les 3 sont intéressants, parce qu’on parle d’émergence et que traiter l’émergence par un seul biais ce serait la limiter. (…) En terme de sourcing, on travaille beaucoup avec des entrepreneurs , start ups, des artistes qui travaillent dans  la création numérique et des laboratoires, qui ont énormément de projets sur les étagères, qui  sont très peu valorisés. »

Alors que les Cabinets de Curiosités allaient dans des demeures royales, chez des notables ou des apothicaires, Nod-a déploie sont mobile auprès de tous, bien moins fermé que ses ancêtres, Nod-a s’adresse à l’individu comme à  la grande entreprise : « on a décidé d’aller vers les gens. On se définit comme un agent actif d’innovateur et pour nous on est en train d’inventer des relations publiques pour les innovateurs, mais pour faire des relations publiques pour les innovateurs, il y a des conditions de développement qui ne sont pas les mêmes qu’une grosse entreprise ou un média ou qu’un individu : donc, il faut respecter ces cycles de développement et fournir des services qui sont adaptés. »

Le Cabinet des Curiosités de Nod-a s’inscrit dans un mouvement encore émergent et pourtant déjà présent. Le Centre Pompidou prépare un musée mobile pour “aller vers les publics”, les entreprises déploient des stratégies d’innovation centrée sur les utilisateurs et intègre tout type d’innovateur à leur R&D, comme l’incarne bien le projet disonancias par exemple.
Le siècle des Lumières vint balayer la culture de la curiosité, remplacée bien plus tard par les passages piétonniers garnis d’objets kitschs ou par les spectacles à la Barnum, avant que les musées ne s’institutionnalisent.
Espérons que nous allons pouvoir nous perdre encore longtemps dans ce bazar aux trésors technologiques oniriques.


Musique en Creative Commons / Elle Lefant - Runaways

Source : http://ygaw-bysiliconsentier.com/815-bric-a-bracadabra

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