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08/07/2010 - Google, qu’as-tu fait de moi ? ( YGAW by Silicon Sentier)

Les questions du droit à l’oubli, des solutions de protections, de l’expression de soi et des possibilités de sécurité sur Internet, ont conclu les conférences de LIFT10. Systèmes pour organiser sa vie sur la toile, exemples à suivre, éducation…Quelques propositions ont émergé pour reprendre le dessus sur Internet. L’ère du numérique multiplie les “moi”, pénètre et analyse la psychologie des “moi”, garde inéluctablement les “moi”… Entre maîtrise du phénomène et adaptation aux changements, que choisir ???

MOI MOI MOI
Et si le web avait sur nos vies le même effet qu’a pu avoir la pilule à la fin des années 60, en France?
Libération des sois vs libération sexuelle. Autrement dit, Internet me laisserait la possibilité de vivre plusieurs vies, d’avoir plusieurs personnalités juridiques, sociales, thématiques… Daniel Kaplan évoque l’hétéronimat, une reconnaissance plus formelle de mes avatars, qui va un cran plus loin que les pseudonymes.
L’hétéronimat est un concept à l’origine littéraire qui correspond à l’invention par un écrivain d’une personnalité différente de la sienne et qui possède un style et une vie propre.
“Et si je pouvais transférer la valeur de mon profil, si ceci pouvait se valoriser. Avoir des personnalités durables, denses, riches, existant dans toute une série d’univers, ayant une protection, des droits. Créer un autre.”Je pourrais ainsi me servir du web pour déployer mes compétences, mes envies, augmenter mes sphères d’influences, enrichir et mes cultiver mes différences dans tous les environnements que m’ouvre le web.

CONNAIS MOI
Google nous fait peur, Google qui a nos données virtuelles, nos données génétiques (23andMe), Google nous connait trop, Google, c’est les RG puissance infinie…
Alma Whitten, directrice technique de la sécurité et de la vie privée chez Google est là devant moi, sur la scène du théâtre de la Criée. Sa voix fluette, ses boucles blondes, son ton mélodieux…On la croirait presque candide et naïve. Rien, ne laisse présager que ce petit bout de femme nous connait mieux que quiconque. Google pourrait prévenir n’importe quelle révolution ou soulèvement populaire. Google peut ainsi analyser les modes de fonctionnements psychologiques des grandes masses comme des plus infimes. A titre d’exemple, Alma nous montre une capture d’écran des recherches faites sur le mot “lift”. Moi qui me croyais l’unique désorganisée, je réalise que j’ai suivi exactement le même modèle statistique de la grande masse qui se dessine : tout le monde s’est excité la dernière semaine. Google sait tout ce que vous pensez, vos inquiétudes, vos envies, vos secrets. Seulement, Google est sous les feus des projecteurs, et je rejoins volontiers Jacques Levy quand il dit : ” La paranoïa de la protection de la vie privée nous semble excessive et oublie que notre société est une société où il y a une densité de contre-pouvoirs forte. Il n’y a pas de place pour Big Brother dans le monde actuel. Google manifeste une boulime économique qui nous inquiéte, certes. Mais comme dans l’équilibre de la terreur, ce n’est pas l’intérêt de Google de faire des faux pas dans le domaine de l’utilisation abusive de nos vies données personnelles. Ce n’est pas tant ces gros acteurs qu’il faut craindre que de petits acteurs qui ont moins à risquer.”

OUBLIE MOI
Avez-vous déjà pris conscience de la chance que nous avons de ne pas avoir été adolescents à l’ère de Facebook? La crise d’adolescence, les grands échecs amoureux, les expressions enflammées d’un malêtre incontournable, les excès de romantisme, les coups foireux, les hontes fracassantes…tout ceci reste gentiment à l’abri des regards, dans nos lettres, nos cahiers, dans les pellicules photos…Désormais, le web garde tout, le web se souvient à votre place.
La construction a posteriori, sur des bribes de pensées, de sentiments, la construction nostalgique et nécessaire du souvenir des époques révolues se retrouve froidement rappelée à l’ordre, cassée et obligée de faire face à la réalité des faits, enregistrés par la matrice.
Et si on offrait à Internet la possibilité d’avoir une mémoire humaine, une mémoire faite d’aléas, qui se souvienne selon les circonstances et les personnes, qui efface au hasard et cultive une incertitude. Cette idée très originale suggérée par Daniel Kaplan me fascine, elle m’attire et m’effraie à la fois. Si Internet créait les conditions de la subjectivité, le risque de la désinformation serait insupportable et la fonction même de démocratisation du savoir, perdue. Parallèlement, l’accès à une objectivité virtuelle entrave toute possibilité de renouvellement de soi dans le réel. N’est-ce pas à nous d’accepter la révolution en marche et de s’y adapter ? Adriana Lukas a pensé un système de répartition des informations qu’on met sur le web : The mine project. Le projet entend offrir aux gens les outils et les fonctionnalités qui puissent les aider à :
1. Prendre en charge leur propres données
2. Les organiser (analyser, manipuler, croiser, mashuper) en fonction de leurs besoins et préférences
3. Les partager selon leurs critères de diffusion
4. Les connecter sur le web
Cela ressemble à une interface de type blog, avec 4 “casiers”  : “Ranger les trucs / Partager les trucs / Mes Trucs / Garder les trucs.” Tout a été pensé pour respecter la volonté de l’utilisateur et l’exposition qu’il veut offrir à ses données. Je reste un peu interloquée… Certes, je peux choisir qui voit mes données, mais quid de la prise de conscience de l’immortalité de ce que je mets à un temps T de ma vie sur le web? Le problème n’est pas tant de choisir qui accède, mais plutôt comment avoir le droit à l’oubli? Dans mes rêves les plus fous, j’ai imaginé des informations dotées de la faculté d’autodestruction. J’aurais une carte de moi, de mes data qui se baladent, leur exposition, leurs vies, leurs lecteurs et qu’elles soient stockées sur un ordinateurs, sur un disque dur, déconnectées ou sur la toile, je pourrais les anéantir ou les mettre en pause. On nage en plein délire narcissique…c’est justement pourquoi ça va exister !

Et moi et moi et moi…On aimerait pouvoir chanter comme au bon vieux temps analogique :”J’y pense et puis j’oublie, C’est la vie, c’est la vie.”

Source : http://ygaw-bysiliconsentier.com/294-google-quas-tu-fait-de-moi

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