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21/12/2010 - Le Crowdfunding : mode d’emploi ( Silicon Maniacs)

Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix en 2006 pour avoir fondé la première institution de microcrédit

En 2011, le Crowdfunding fait une entrée fracassante. On en parle dans tous les domaines,et c’est devenu, au même titre qu’un prêt bancaire une source possible de financement. C’est ainsi que le présente le magazine new-yorkais dédié aux startups, inc.com, dans son article « How to raise start-up capital in 2011″. Les projets humanitaires ou artistiques peuvent également avoir recours à ce système.  Vous avez une idée, soumettez-la à la foule pour qu’elle vous finance. Finalement, le procédé n’est pas nouveau. Mais la généralisation des médias sociaux permet d’envisager de toucher plus de personnes et de généraliser cette pratique.

Quelles sont les bonnes pratiques pour que votre projet soit un succès ?

Choisir le site qui correspond le mieux à votre projet.

« Chacune des plateformes a ses spécificités et elles sont plutôt complémentaires que concurrentes » explique Alexandre Boucherot, co-fondateur de Ulule. Les deux points importants sont le type de projet et le type de financement que vous espérez obtenir.

Il existe des plateformes dédiées à certains domaines. Par exemple, pour financer un film, c’est du coté de touscoprod qu’il faut se tourner, à l’instar de Pierre Carles qui a obtenu 138% de son objectif de financement pour réaliser son dernier documentaire Fin de concession. Pour le journalisme, nous noterons l’arrivée de nouveaux venus, tel j’aime l’info qui permettra d’ici janvier 2011 de soutenir un média ou un projet de ce média, et Glifpix, présenté comme un spot.us à la Française. Vous ferez appel à ce dernier si vous avez un projet de reportage que vous souhaitez réaliser. Dans le domaine artistique, c’est la musique qui est à l’honneur avec  MyMajorCompagny. Enfin, il existe des plateformes généralistes, Ulule et FriendsClear et KissKissBankBank en sont deux exemples. Le premier permet d’obtenir des dons tandis que le second a mis en place un système de prêt par des particuliers.

Dans les types de financement, il y a d’un coté le prêt et de l’autre le financement sous forme de dons. A priori, le système de prêt permet d’obtenir des sommes plus élevées. Sur FriendsClear, il est possible d’être financé à hauteur de 3 000 à 25 000 euros, alors que les financements obtenus via la plateforme Ulule « sont aujourd’hui relativement modestes, entre 300 et 5000 euros« , selon Cédric Begoc, community manager chez Ulule. Ainsi, si vous désirez monter votre entreprise et obtenir un prêt sans passer par un banque, c’est du coté de FriendsClear que vous trouverez votre bonheur. Mais, vous pouvez envisager de faire financer un prototype via Ulule qui vous permettra de trouver des financements supplémentaireq pour la suite de votre aventure.

Présenter son projet

Une fois la plateforme choisie, il est temps de créer votre présentation. Le maître mot est la transparence. « Il faut  donner envie, expliquer le plus en détail le projet pour convaincre les investisseur« , explique Jean-Christophe Capelli fondateur de FriendsClear. Il donne l’exemple d’une jeune femme qui désire vendre des paniers bios. Son projet a très bien fonctionné car elle s’est racontée, donnant de nombreux détails à la fois sur la provenance des légumes, sur la structure qu’elle allait mettre en place, n’hésitant pas à intégrer des descriptions techniques. Elle a également expliqué « qui sont ses clients« , continue celui qui a amené le micro-crédit en France. « Il faut miser sur l’originalité de son histoire, ce n’est pas dans une galère, mais dans une aventure qu’il faut embarquer les donateurs » raconte Cédric Begoc.  Mylène Paquette est citée à plusieurs reprises en exemple. Son projet : traverser l’Atlantique à la rame en solitaire. Elle fait effectivement une description positive et détaillée de l’aventure qu’elle entend mener. Il ne faut pas hésiter à utiliser des médias variés. photographies,  vidéos et  musiques sont les bienvenues. L’équipe de Ulule partage cette vision, les dérails sont extrêmement importants. Ils relatent le cas iPhone in a bottle, un projet qui a fait parler de lui, avec une forte couverture médiatique et un grand nombre de passages sur la page du projet, mais qui n’a retenu que 8 soutiens. L’idée était séduisante, « mettre un iPhone dans une bouteille et la jeter à la mer« , mais, selon Cédric Begoc, c’est le manque de détails techniques qui est la cause de l’échec. « Ils n’ont pas expliqué comment il allaient faire concrètement pour mettre leurs iPhones dans des bouteilles sans qu’ils ne prennent l’eau. Fnalement, on ne savait pas comment ils allaient utiliser les 10 000 euros qu’ils souhaitaient soulever« .

Communiquer

« Il faut que la réputation numérique serve à quelque chose » s’exclame Jean-Christophe Capelli. Pour ce faire, il va falloir mobiliser les trois cercles de votre réseau. Le premier étant les proches,   famille et amis, viennent ensuite les amis d’amis et autres connaissances, et enfin, les gens que vous ne connaissez pas. Les earlyadopters de votre projet feront également de bons communicants, ce sont vos évangélistes. C’est un point à ne pas négliger, c’est pourquoi il faudra être présent pour répondre aux messages et commentaires. « Un mail sans réponse est un investisseur perdu« , remarque le fondateur de FriendsClear.

Pour attirer l’intérêt des soutiens, des plateformes comme Ulule et l’américain Kicksarter a mis en place un système de contreparties. Chez Ulule, ces dernières sont classées en quatre catégories. « Les pré-ventes : vous collectez des fonds pour sortir un objet, vos soutiens le reçoivent à la fin. L’éditions limitée : les cent premières copies de votre objet numérotées et signées. Partagez l’histoire : un objet qui montre votre implication dans le projet et la gratitude que vous avez envers votre soutien. Un polaroid du studio, le clap du tournage, un bout de costume, des médiatos… Et enfin, l’expérience créative : invitez votre soutien directement dans le processus de création : accès au tournage, petit rôle dans le film, intervention en studio« . Mais tout ceci doit être fait avec précaution, de sorte que cela reste rentable pour votre projet. Alexandre Boucherot raconte l’expérience d’une jeune femme qui voulait obtenir des fonds pour payer le foin de ses vaches. En contrepartie, elle proposait des pots de confitures. Mais, la jeune femme avait mal calculé les frais de revient, ses contreparties devenaient couteuses pour son projet !

Le projet Ulule avec son système de contreparties remet au goût du jour le don et contre-don ou Kula cher à Marcel Mauss. L’on dépasse la relation monétaire pour revenir à des valeurs d’échanges créatrices de liens sociaux. En effet, dans son ouvrage Essai sur le don, Marcel Mauss, affirme que le don, « en tant qu’acte social suppose que le bonheur personnel passe par le bonheur des autres« . Un programme qui laisse rêveur. Dans le cadre du prêt par des particuliers, (FriendsClear), des enjeux sociétaux sont également à l’œuvre. Cette aventure retire aux banques le monopole de l’échange financier et permet ainsi de replacer de l’humain là où les chiffres et profits des mastodontes de l’économie s’octroient tout ce privilège.

Source : http://www.siliconmaniacs.org/le-crowdfunding-mode-demploi/

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