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12/04/2011 - RADart#6 : fabrication et artisanat numérique ( Silicon Maniacs)

Après s’être intéressée aux interfaces multi-touch, aux jeux-vidéos et au mobile, la dernière édition du RADart était consacrée à la fabrication numérique : imprimantes 3D, fraiseuses numériques et autres outils de création numérique étaient à l’honneur pour fabriquer des objets uniques et originaux. De l’ordinateur à la réalité, et si le numérique était finalement un retour à l’artisanat ?

RADart, acronyme de Rapid Application Developpement for artistic project, est un rendez-vous qui permet à des artistes et des développeurs/ingénieurs de pitcher leur projets en 7 minutes chrono : l’idée, son état d’avancement mais aussi, et c’est là toute l’originalité du RADart, les défis techniques qu’ils rencontrent. S’ensuivent des tables rondes au cours desquelles discussions et échanges avec les personnes présentes doivent permettent aux porteurs de projet de surmonter leurs problèmes : entre difficultés juridiques, appel à l’aide sur une invention dont on se demande finalement à quoi elle peut bien servir ou encore concrétisation d’un projet techniquement ambitieux, tout est possible !

Paul Coudamy, architecte et designer (cf. bearscave), présentait son projet de luminaire 3D « Mr. Gutenberg ». Renversant l’idée de série dont l’inventeur de l’imprimerie est le symbole, Mr Gutenberg est une lampe constituée de mots entrés par l’utilisateur/concepteur : contre la production en série, la personnalisation voir même la co-création. A la recherche de personne pouvant l’aider dans la production numérique de ses immenses lampes, Paul Coudamy souhaitait aussi rencontrer, à l’occasion du RADart, des gens susceptibles de le renseigner ou de collaborer dans la programmation du script de création de la lampe. Et oui, des demandes très précises pour des projets ambitieux, c’est ça le RADart !

L’objectif ? Susciter une collaboration et pas simplement un partage des tâches artistes/prestataires. En témoignait, en marge des questions de fabrication, ce mot « d’artisanat » qui revenait souvent : l’idée selon laquelle, à l’ère du numérique, l’artiste, le designer et même l’utilisateur se devaient de se réapproprier les outils numériques pour participer à une co-création des objets, co-création si poussée que la question de la paternité de l’oeuvre se pose parfois de façon très délicate : à qui appartient une oeuvre créée de façon autonome par un programme ?

Paul Coudamy

En attendant de retrouver un portrait complet de Cécile Babiole, artiste venue présenter son dernier projet au RADart #6, nous avons interviewé Samuel Javelle et Clémentine Coulou-Leblanc sur leurs projets respectifs :

En quoi consiste votre projet ?

Samuel Javelle : Je suis designer de produit. Je suis venu présenter un projet qui s’appelle « Weather Lamp ». L’idée est de concevoir une lampe qui se génère elle-même en fonction de la météo ! Au final, chaque modèle est unique puisqu’il dépend d’un lieu et de la météo dans ce lieu et à un instant précis. J’utilise la température qui va faire varier la hauteur de la lampe, l’humidité qui va faire varier son diamètre et ensuite la force du vent et sa direction qui, eux, déforment la lampe.

Clémentine Coulou-Leblanc : Je suis venu parler de mon projet de gravures-couleurs. Le projet s’est fait en réponse à un appel à projet du MagLab, en lien à une fraiseuse numérique, le FabBot. Au lieu de chercher à concevoir un produit, je me suis davantage intéressé à la conception du matériau qu’on allait mettre sous la fraiseuse. J’ai conçu divers matériaux y compris celui que je présente aujourd’hui. Mon problème, c’est que, comme il est fabriqué artisanalement, ce matériau revient pour l’instant trop cher ! Comment passer à une production plus large ? Mon intérêt pour les matériaux vient sans doute de ma formation : à l’école Boulle, j’ai cotoyé beaucoup de futurs artisans et cela m’a beaucoup apporté, notamment mon goût pour le travail de la matière. Ce qui m’intéressait surtout était de replacer un projet numérique dans une perspective artisanale !

Clémentine Coulon-Leblanc

Qu’attendais-tu du RADart ?

Samuel Javelle : Mon logiciel est prêt. Je rentre dans une phase de prototypage et je cherche des imprimeurs 3D avec qui travailler ainsi que des gens capables de régler les problèmes techniques liés à la fabrication. En effet, mon logiciel génère des volumes qui peuvent être très importants… Les seules solutions pour imprimer d’aussi gros volumes sont très onéreuses donc économiquement pas viables. Je cherche donc des solution pour réduire les coûts notamment. Sinon, j’ai des problèmes à un niveau plus juridique : je me dépossède de la création de l’objet en créant un logiciel qui crée lui-même l’objet et il n’y a pas de licence qui, à l’heure actuelle, qui me permettent de protéger mon droit d’auteur sur un logiciel et sur l’objet généré par ce logiciel.

Clémentine Coulou-Leblanc : Je suis venu ici pour rencontrer des gens qui pourraient me mettre en lien avec des entreprises intéressées, et aussi parce que ça m’intéressait de voir comment il était possible de créer une programmation assez simple pour passer du dessin virtuel à la gravure. Mais le RADart me permettait aussi d’être en lien avec ce milieu là ! D’être en lien avec des gens qui avaient les connaissances pour m’aider.

Samuel Javelle

Qu’en as-tu retiré ?

Samuel Javelle : Au RADart, beaucoup m’ont parlé de leur expérience de l’Open source dans les logiciels. Je parlais à l’instant avec une personne de la creatives commons France qui se pose justement la question en ce moment. Elle propose gentiment de réfléchir à mon problème pour créer une licence qui réponde à cette question. Donc, oui, je suis très satisfait de cette édition de RADart !

Clémentine Coulou-Leblanc : Maintenant que j’ai créé cette matière, je souhaiterais savoir comment l’utiliser. Les gens avec lesquelles j’ai eu l’occasion de parler au RADart m’ont beaucoup parlé de la manière de rendre mon matériau accessible au grand public. Ils ont même évoqué le do-it-yourself mais, selon moi, cela reste tout de même marginal… Cependant, le projet MagLab m’intéresse : l’idée de créer, d’éditer et de faire interagir l’acheteur et le designer me semble pertinente pour que l’utilisateur puisse réaliser lui-même la touche finale de son meuble. Mais, je ne parle pas vraiment de customisation car c’est quelque chose qui a beaucoup été fait et, franchement, je trouve ça un peu démago…

A lire également sur Silicon Maniacs :

• Physical Computing : l’internet des objects

• Imprimante 3D, algorithme et graffiti

Source : http://www.siliconmaniacs.org/radart6-fabrication-et-artisanat-numerique/

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