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17/05/2008 - Reflets numériques (Thierry Do Espirito)

Le Marketing Personnel, c'est bien joli, mais on en fait quoi, exactement ? Mettre un peu d'ordre dans ses présentations en ligne. Supprimer ce qui est redondant, publier des choses nouvelles, s'inscrire à des réseaux sociaux (Linkedin, Facebook, etc.). Très bien. Mettre régulièrement à jour son status Facebook, afin de "twitter" malin. Parfait. Observer avec ravissement les résultats sur Google et Yahoo évoluer dans le bon sens. Génial. Et après ?

Après, cela nous renvoie à nous, tout simplement. Quel est mon projet ? Qu'ai-je envie de faire ? Les outils ne sont rien s'ils ne sont pas mis au service d'une stratégie personnelle. Et tous les blogs, zikis et réseaux du monde ne vous amèneront aucun business ou poste si vous ne portez pas en vous un projet qui vous donne envie de vous dépasser. Inutile de raconter ou de se raconter des histoires. On ne deviendra pas du jour au lendemain champion de 100 mètres plat ni auteur comblé de livres à succès (d'ailleurs, vous vous voyez en Marion Jones ou JK Rowling ?) par la grâce d'un réseau social ou d'une perle technologique, espérée ce matin, apparue ce midi et dépassée ce soir. Le seul miracle à attendre sera celui de vous étonner vous même. Comment ? Passer ses propres limites est déjà une belle façon de se surprendre. Ce qui implique de ne pas se méprendre sur les obstacles.

Koestler

Dans "Le zéro et l'infini", Arthur Koestler (ci-contre, en 1948, photo de Pinn Hans) a raconté cette fameuse parabole des écluses. A peine a-t-on fini d'en passer une que déjà la suivante se profile au lointain. Et se retrouver en haut de l'une ne vous encourage pas à souffler : vous êtes maintenant au bas de la prochaine à franchir. Combien de personnes vivent comme ça, en pensant qu'il suffirait de poser un acte fondateur pour que plus rien ne soit comme avant. Si j'avais du temps, j'écrirai. Si je n'étais pas marié(e), je partirai en voyage. Si je gagnais plus d'argent, je serais enfin débarrassé des angoisses qui m'obsèdent. Autant d'écluses, autant de leurres masquant la vacuité du projet personnel. Tu veux écrire ? Ecris ! Les blogs, c'est pas pour les chiens, mon gars. Tu veux partir en voyage ? Pars, ma fille. Tu veux gagner plus d'argent ? ... Et après ?

Mon ascendance portugaise me rappelle de temps en temps l'épopée des navigateurs lusitaniens. Est-ce qu'ils partaient pour partir ? Pas tout à fait. Avant le départ des grandes expéditions, on rassemblait une sorte de collège d'experts : géographes, astrologues, militaires, religieux, etc. Non pas seulement pour se demander comment serait réparti le butin, comme seraient traitées les populations et baptisées les terres découvertes, mais pour essayer de savoir pourquoi on allait là-bas, plutôt que de rester ici. Car on avait le choix de rester. Je ne donne pas quitus pour autant aux Vasco de Gama et consorts, qui, une fois partis, en faisaient un peu à leur tête brûlée. Mais j'aime assez cette idée de réfléchir, et pour cela d'échanger, de confronter avant de se lancer. Non pour demander l'avis des autres. On ne leur demande rien aux autres, sinon d'écouter. Votre avis, c'est vous qui le forgez, et vous avez besoin d'en parler pour ça. Parler avec son miroir, ça ne marche pas souvent. Marcel Duchamp (ci-contre, jouant aux échecs, en 1952, photo de Kay Bell Reynal), dont je viens de lire la passionnante biographie, écoutait les autres (avec parcimonie, cependant) et n'en faisait qu'à sa tête, ensuite. Faire ce qui vous plaît vraiment sera votre seule boussole. Ça tombe bien, on est en mai.   Duchamp

Ce qui me parait important, justement, c'est de ne jamais laisser les autres (votre hiérarchie, l'environnement, l'entreprise...), décider pour vous, surtout pour ce que vous voulez faire.  Ça n'a l'air de rien, mais c'est déjà un sacré changement. Si vous travaillez sur votre Marque Personnelle, ne l'abandonnez pas au gré des vagues concentriques du conformisme social, qui l'enserrent et la ramènent sans arrêt au port. Ne la laissez pas non plus se flétrir, faute de soins attentifs.

Ensuite, cette marque, il faut la distribuer. Rencontrer un chasseur de tête de temps en temps, des relations dans d'autres entreprises que la vôtre, est un impératif pour chaque manager. Même et surtout si vous n'avez pas envie de bouger tout de suite. C'est justement maintenant qu'il faut les voir. Quand vous aurez envie de partir, ce serait bien difficile de remonter la pente. Pour les indépendants, la donne est différente, mais la recherche constante d'opportunités procède du même raisonnement. Les affaires vont bien, vous avez du boulot jusque là ? C'est le moment de réfléchir à votre stratégie, aux partenariats de demain, aux vaches maigres d'après demain. Qui vous connait, à part vos contacts habituels? Qui aurait envie de travailler avec vous, hormis ce client historique qui se repose sur vous comme sur une béquille, à toute heure du jour et de la nuit.

Et puis, la vie professionnelle n'est plus linéaire. Monsieur le salarié deviendra un jour, qui sait, sans effort particulier ni renoncement, un indépendant de première force. Et madame l'indépendante se fera un jour une douce violence pour se retrouver à saluer le vigile à l'entrée et à monter naturellement, comme chaque jour, rejoindre son bureau au 8e. En saluant les collègues et en se promettant de les retrouver à l'heure du déjeuner.

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Commentaires

Aurelien , il y a 5 ans : C'est frais. C'est plein de bon sens. Ca pourrait être une lame du tarot zen! Merci pour ce texte lu de bon matin et qui me met de bonne humeur.

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