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03/08/2010 - Un “Future Lab”, vraiment ? ( YGAW by Silicon Sentier)

Pascal travaille depuis 12 ans au Future lab d’Ars Electronica, il raconte : “Il y a 30 ans, quand le 1er festival d’art vidéo a eu lieu à Linz, ville inconnue à l’international, on s’attendait à quelques milliers de visiteurs. 100 000 personnes ont débarqué. On tenait quelque chose…”.
Linz en plus d’être la ville natale d’Hitler, était connue pour être la ville industrielle, “la ville qui pue”.En 30 ans elle est devenue le fer de lance de l’innovation artistique et technologique.

Le Future lab est né quelques temps plus tard, il y a plus de douze ans. Un équipement de pointe, des outils de virtualisation de l’image en ont fait un espace attractif pour les artistes qui souhaitaient intégrer ces technologies dans leur œuvres. Le festival était l’occasion pour toute une communauté émergente d’artistes, de scientifiques et d’innovateurs de se retrouver et d’échanger.

Aujourd’hui encore, le festival attire des centaines de milliers de curieux. C’est toute la ville qui vit au rythme des performances artistiques. L’occasion de remettre des prix aux projets remarqués pendant l’année : en 2006, le projet Arduino recevait un titre honorifique, cette année Evan Roth, artiste-hacker américain est lauréat avec son projet dément, Eye Writer.

Photos : Eye writer et Geminoid / HI-1 ATR (un robot et son créateur…)

Cependant, Ars Electronica n’est pas qu’un festival, le lieu regroupe un musée et le Future Lab.
Le festival, vous l’aurez compris : the rendez-vous immanquable pour la communauté “art-techno” internationale, ne dure qu’une semaine ! Qu’en est-il  des 51 semaines restantes?

Le musée présente un ensemble d’innovations scientifiques et interactives, des projets en 3D dans le “Deep Space”, des oeuvres d’artistes-chercheurs comme celles du Japonais H.O… Les espaces d’expérimentations pour le grand public s’ajoutent au bar-restaurant sur le toit.

Le Future lab est le centre névralgique d’Ars electronica, mais également son entreprise commerciale. Le Future Lab produit différents types de recherches :
- Des commandes pour les grandes entreprises : R&D, communication, design…
- Des oeuvres d’art pour le musée d’Ars Electronica ou autres commanditaires : spectacle vivant, dispositif interactif…
Un projet peut dériver, passer de l’un à l’autre, avec la seule contrainte de présenter un résultat au moment voulu. Pascal s’occupe des “media performances”, selon lui, c’est une place en or : créer des oeuvres d’art et non de traiter des commandes industrielles. Il a monté plusieurs opéras intégrants des interactions 3D en temps réel avec les danseurs, qui ont fait le tour du monde.

Il nous livre les évolutions du laboratoire. Au départ, fort de son avant-gardisme, le future Lab attirait les artistes et technologues du monde entier qui souhaitaient travailler avec les outils de pointe. Aujourd’hui, n’importe qui peut se procurer un kit arduino ou un logiciel de création 3D, “nous sommes moins nécessaires au regard de l’indépendance technologique acquise”.
Parallèlement, la force du Future Lab a toujours régné dans la liberté de ses acteurs : une communauté libre, non salariée mais free lance, avec ses propre horaires et façons de collaborer.

Aujourd’hui, l’entreprise compte 30 physiciens, programmeurs, scientifiques, chercheurs et autres responsable de projets : “Cela fait 2 ans que nous expérimentons la structuration et l’organisation par le salariat, autrefois nous travaillions avec une communauté de freelances”.
Les projets innovants qui passent par le Future Lab nécessitent une énergie à l’égal de l’effet disruptif ou “cutting edge”, pour reprendre les expressions d’usages.
Et par définition, une structuration classique est antinomique avec l’environnement qui doit être instable pour être innovant. C’est une organisation “bottom up”, agile, flexible, qui a permis la réussite fulgurante du Future Lab.

Pourtant, la structure est bel et bien en train de perdre sa capacité créatrice en organisant rationnellement le travail, lissant l’énergie sur toute l’année.
Elle a transformé son succès en organisation, en employés et en commandes. Ce serait bien dommage, et peut-être déjà trop tard, de devenir une agence de consulting créatif  : un “Future Lab” qui ne serait ni un laboratoire - assez libre dans sa démarche pour être expérimental, ni un espace fertile - assez chaotique pour être provocateur d’idées visionnaires.
Le future lab s’interroge sur ses potentielles évolutions. L’utilité sociale, la responsabilité, la “sustainaibility”, voici autant de thématiques qui semblent offrir au Future Lab et à Ars Electronica dans son ensemble une renaissance qui ait du sens selon Pascal.

Ce qui manque au Future Lab selon moi, c’est d’aller voir ailleurs comment ça se passe plutôt que de compter sur tous ceux qui viennent chaque années enrichir le lieu.
Enfin, allez savoir pourquoi, face au succès, la structuration centralisée l’emporte au lieu de profiter de la dynamique pour se démultiplier et créer des embryons de Future Lab partout.

Source : http://ygaw-bysiliconsentier.com/1320-un-future-lab-vraiment

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